Il s’agit là d’une véritable première discographique. Depuis longtemps passée aux oubliettes, Joséphine Lang n’avait pas plus les honneurs des studios d’enregistrement que ceux des salles de concert. La compositrice avait pourtant les faveurs de Robert Schumann, qu’elle avait su séduire par ses seules qualités musicales (du moins l’histoire n’en dit pas davantage). Les auditeurs curieux trouveront donc là un terrain des plus intéressants, avec des mélodies qui font souvent penser à Mendelssohn, qu’il s’agisse de Félix ou de sa sœur Fanny d’ailleurs, ou même à du Benjamin Godard, surtout pour ce qui est de la partie de piano. La voix de Heike Hallaschka n’est pas inoubliable, mais sert avec une grande honnêteté cette musique, dont certains numéros ne laisseront pas indifférents, tel ce « Blick’ nach oben », où les méandres harmoniques, les jeux d’ombre et de lumière montrent autant d’inspiration que de maîtrise de facture. Dans la notice, l’introduction (en anglais et allemand) de Holger Schneider sera précieuse à plus d’un titre, tant les informations manquent sur cette artiste, mais on regrette que les textes ne soient présentés que dans leur langue originale, réduisant l’accès de ces lieder aux seuls germanistes aguerris. |