Impeccable... J'ai beaucoup glosé ici même sur les SACD d'Audite qui m'ont, jusqu'ici, déçus, pour ne pas relever que j'ai eu grand plaisir à écouter celui-ci. La credo technique reste celui d'une charge importante des voies arrières sur lesquelles, à mon goût, on entend trop le piano, mais si vous êtes vraiment bien positionné au milieu de votre local d'écoute, ça marche (un peu à l'image des 5e et 7e Symphonies de Beethoven par Kleiber, remixées dans une esthétique sonore similaire). Sur cela, il faut ajouter, à l'avant, la bonne balance piano-orchestre et la richesse spectrale de l'orchestre, avec des aigus fins et de beaux graves.
Interprétativement aussi nous sommes en face d'une excellente surprise. Ce qui manque ici est un petit zeste d'invention, une faculté de nous surprendre ou de s'enflammer. Par contre, la justesse, la clarté, la rigueur intellectuelle sont nettement au dessus de ce qu'on peut rencontrer habituellement dans ces concertos. Malikova et Sanderling ont tout d'abord un premier parti pris: ne pas en rajouter. Ces interprétations évitent donc toute emphase, toute boursouflure, par un jeu attentif et précis. On trouve de très belles finesses, par exemple dans les dernières minutes du 2e Concerto et le 1er mouvement du 4e Concerto se déploie avec une très grande noblesse. Il y a dans cette absolue intelligibilité et ce romantisme très classique un regard très français sur ce qu'est la clarté. Sans doute les vraies couleurs françaises sont encore plus transparentes, alors que le Saint-Saëns de Malikova et Sanderling brasse davantage de matière sonore. Mais si l'on compare à une intégrale récente (Hough-Oramo) dont on a fait grand cas, je trouve l'orchestre mieux tenu ici et le jeu de Malikova plus "musical" (moins "pianistique"), avec plus de matière sonore. Bref, voici une excellente version. On attend le volume 2 avec impatience. |