Jean Ferrard (Magazine de l'Orgue - Numéro 53) 01.02.1999
A la première écoute de ce CD, j’ai eu le petit frisson qui augure l’éventualité d’un coup de cœur: une Passacaille bien musclée, menée de bout en bout avec un véritable souffle, ne présageait rien que du bon. Hélas, malgré l’appréciable talent de l’interprète, dont un CD Reger (Motette 12001, M’O 12/18) a déjà reçu cette distinction, il fallut déchanter. Le premier des Nun komm est bien traité, le deuxième, avec sa double basse staccato sur des trompettes, surprend par sa lourdeur et son manque d’élégance.
Quelle mouche pique soudain notre organiste? Quel souvenir d’avoir entendu Ton Koopman lui vient-il à l’esprit? Toujours est-il qu’à un moment précis, dans la Sonate en Trio, s’ouvrent les vannes d’une ornementation ajoutée qui devient d’autant superfétatoire qu’elle consiste le plus souvent en notes glissées que je n’ai jamais vu figurer dans une table d’ornements du XVIIIe siècle… On sourit plus qu’on apprécie. Et on regrette que l’accessoire nous fasse oublier l’essentiel: quand il joue simple, Sander joue si bien!