Audite édite avec un soin optimal la Chauve-souris de 1949 enregistrée à la Radio RIAS de Berlin, qui avait fait l'objet d'une édition "non autorisée" chez Melodram et, en 1995, d'une parution dans la collection DG Double.
La Fledermaus de Fricsay a des qualités qui lui sont uniques et notamment l'urgence de la direction, qui emporte des protagonistes que leurs mensonges mettent en équilibre précaire. Fluide et vive, la direction tourne totalement le dos à un Strauss "sucré". Il y a aussi, ça et là, des traits d'humour (par la mise en relief de certains instruments ou de certains traits), mais une sorte d'humour froid. Il y a aussi des temps d'arrêt empreints de tendresse ("glücklich ist wer vergisst"…).
La fluidité marque aussi les dialogues, même si parfois (cf. Adele) ils sentent le studio. Les voix chantées ont un petit côté "pointu" (femmes notamment) très "années 50", et les gabarits vocaux sont tous clairs et bien assortis (au moins chez Fricsay, il n'y a pas les fautes de distributions de Kleiber: Rebroff dans la version audio et Wächter dans la vidéo).
Une Fledermaus gentiment sépia, par une vraie équipe de chanteurs menés dans un grand tourbillon par un très grand chef.
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