Renata scotto esta l'honneur ce moi-ci, mais aussi le metropolitan de New York.
Fêtons une Lucia (Scala 1959), dans un son parfaitement refourbi, où Scotto dans sa fraîcheur est simplement divine et Di Stefano comme Bastianini au mieux. 78 tours de Di Stefano 1944 en exquis bonus (Urania 2 CD URN22387)
Énième retour d'un Entführung de Maag (Rai 1958) où il faut toujours souligner l'excellence de Frick, les qualités de Haefliger et Roli Schwaiger et signaler une fois de plus les accidents de parcours (c'est un euphémisme) de Stich-Randall dans «Ach ich liebte» et Martern (Arts «Archives »2 CD 43085).
Bien inutile Carmen avec ballets rajoutés, même Dervaux conduisant : Simionato sera mieux ailleurs (avec Karajan), Freni aussi, et Corelli simplement ne se tient pas. À réserver à ceux qui aiment ses défauts (IDIS 2 CD 6571/2).
Pour suivre un Figaro formidable, Glyndebourne retourne à ses archives. Mais le Pelléas de 1963, le premier in loco, est-il le bon choix? L'excellent (et ça et là debussyste) Vittorio Gui ne nous console pas que la version DeSabata/Scala soit perdue, Denise Duval sublime en scène perd tout de même quelque chose à n'être pas vue (on ne voit pas non plus le décor de Montresor), Roux en Golaud est plus que splendide (violence, vibrations accrues) mais on le connaît par ailleurs et les très remarquables francophones Wilbrink (Pelléas), Reynolds (Geneviève), Hoekman (Arkel) le sont tout juste un peu moins, réduits à leurs voix. Pas forcément exportable (3 CD GFOCD00363).
Deux résurrections viennoises chez Orfeo. Avions-nous besoin d'un Trittico complet de 1979 ? Pas pour Albrecht au pupitre, ni la Giorgetta de Marilyn Zschau et Atlantov en Luigi, ni la vaste troupe assez anonyme de Schicchi. Certes Bruson en Michèle est parfait et Berry en Schicchi acceptable (en scène, ça devait être plus que cela). Mais à elle seule Pilar Lorengar en Angelica, avec sa sensibilité, son rayonnement (superbe scène avec Kerstin Meyer en Princesse) vaut le détour (Orfeo 3 CD C768093D).
Mais pour Waldemar Kmentt c'est mérité : son principal tort fut de venir trop tôt après Dermota, sans charme vocal individuel vrai, employé à tout (et s'en acquittant bien) sans être mémorable nulle part. Pourtant son Idomeneo (qu'il a fait à Salzbourg), son Pylade sont superbes, son Faust (en français, air et jardin, avec Prêtre), son Ferrando (ici en allemand, avec Böhm et une Güden bien usée), son Laça (avec Jurinac) également montrables, Ramiro chez Rossini restant plus exotique et le Musiklehrer dans Ariadne aussi tard que 1996 carrément pour mémoire (Orfeo C770091 B).
Pas de surprise avec un excellent Jussi Björling. Airs et lieder avec piano d'Atlanta 1959. Et qui, de Stockholm 1952 avec orchestre, serait aussi légitime dans à la fois Lohengrin, Elisir et Cavalleria ? (Urania URN 22382).
Sous aucune forme vous ne trouverez pareille grande heure avec Renata Scotto, Moscou 1964. Un piano seulement, mais tout son meilleur répertoire, dans sa miraculeuse voix d'alors, avec au moins des Capuletti et «Ah non credea», et Gilda, et «Donde lieta», et «Un bel di», comme même elle ne les refera jamais aussi pleins de grâce et de sève (Melodiya MEL10 01446).
Elisabeth Schwarzkopf aussi revient, de Radio Berlin 1958, en voix suprême, avec son mentor Michael Raucheisen au piano. Osmose encore, splendide groupe Wolf (dont de splendides Mignon), et ses plus rares Ame et Purcell, dont la Virgin's Expostulation, unique de ferveur et de maîtrise. Exemplaire (Audite 95633).
|