La sensibilité d'Anna Malikova tranche avec le jeu brillantissime de Stephen Hough (cf. n° 487). Alain Lompech soulignait son adéquation à la virtuosité mécaniste et au style kaléidoscopique de Saint-Saëns. L'agilité bondissante et l'enthousiasme du pianiste britannique rappelaient Jeanne-Marie Darré, dont l'intégrale demeure ancrée au sommet de la discographie. Plus sobre, Anna Malikova se montre aussi plus souple, plus nuancée que son confrère. La fantaisie, davantage de mise dans les concertos impairs, y gagne en rêverie ce qu'elle perd en débridement. L'avantage est très net dans les mouvements lents, où Hough, toujours sur les pointes, semblait prendre la fuite à force de précipitation. Une prestation mesurée, efficacement servie par l'éclat sans tapage avec lequel l'accompagne Thomas Sanderling, modèle de clarté et d'élégance. |