Dans le n°1, écrit à 23 ans et assez scolaire, le piano semble au 1er mouvement voué à tracer des arabesques en forme de gammes et d'arpèges sur l'orchestre porteur de la mélodie. Le beau thème du 2e mouvement pourrait être plus développé. Tout cela est un peu laborieux. Le n°2, écrit dix ans plus tard, est le plus célèbre, celui qui s'inscrit le mieux dans la lignée qui, partant de Beethoven, passe par Schumann, Tchaïkovsky, Grieg, Liszt, Rachmaninoff. L'allégro scherzando est un chef d'œuvre inspiré, magnifiquement développé, lui, comme le finale presto, bien propre à emporter l'adhésion du public. Le n°4 de 1875, très romantique, fait appel à la variation comme le 1er concerto. Le n°3 et le n°5 [qui date de 1896 et non de 1869 comme indiqué] sont aussi moins intéressants. La soliste fait preuve d'une belle technique et d'un tempérament affirmé, sur le Kawai aux amples résonances des graves. Le tout se présente de façon séduisante, bien en place, rythmiquement bien enlevé, l'orchestre précis a de la moelle. |